Ostéo-micronutrition

Ostéopathie traditionnelle et terrain nutritionnel

 

Structure Fonction Environnement

Au grès de nos lectures il arrive que des propos méritent d'être relayés, même s'il ne sont pas le fait d'ostéopathes.

Voici quelques lignes qui tentent de montrer un envers du décor, comme si nous regardions derrière notre téléviseur...

Le monde ne sera sauvé, s'il peut l'être, que par des insoumis. A. Gide 1946 Journal

Cancer une fatalité organisée


État des lieux dans l’hexagone

 

En 10 ans, 150 000 morts par cancer, contre 80 000 pour la route et 20 000 pour le sida. Ce qui veut dire une augmentation en taux standardisés (en gommant l’accroissement et le vieillissement de la population), de 35 % pour les hommes, 45 % pour les femmes et 1,1 % pour les enfants.


Dans une Ă©tude d’octobre 2008, L’INSERM[1] conclut : «  Chez l’enfant, l’utilisation domestique de pesticides, notamment d’insecticides domestiques, par la mère pendant la grossesse et pendant l’enfance a Ă©tĂ© associĂ© aux leucĂ©mies et Ă  un moindre degrĂ©, aux tumeurs cĂ©rĂ©brales Â». Et il est presque impossible de les protĂ©ger. « Les pesticides sont retrouvĂ©s dans tous les compartiments de l’environnement et peuvent donc conduire Ă  une exposition de la population gĂ©nĂ©rale par les aliments, l’eau des boissons, l’air intĂ©rieur et extĂ©rieur et les poussières de la maison Â».

 

 

Quelle rĂ©action de l’état face Ă  cette Ă©pidĂ©mie ?


Il n’existe pas en France, un registre des cancers, comme dans tous les pays riches. Impossible, et c’est volontaire, de repérer les zones à risque (usines, incinérateurs, centrales, agriculture chimique, nuage de Tchernobyl,…), pour trouver les causes des décès et y remédier. Le rapport national sur le cancer de février 2009 est fait à partir de données sur quelques départements que l’on a arbitrairement étendues à tout le territoire. Il permet d’incriminer le citoyen pour ses comportements (tabac, alcool, alimentation) et non l’état.

 

 

Les organismes publics de sĂ©curitĂ© alimentaire et environnementale nous protègent-ils ?


Ils sont tous gangrenĂ©s par des intĂ©rĂŞts privĂ©s. Quelques exemples : les IGREF[2] gèrent l’agriculture, les forĂŞts et l’espace rural ; ce sont eux qui ont lancĂ© l’agriculture industrielle de l’après guerre et le recours massif aux pesticides. Or on les retrouvent partout : au ministère de l’agriculture ou de l’écologie, Ă  la tĂŞte d’une DRAF[3], Ă  l’ONF, dans les agences de bassin de l’eau, ou Ă  la DGAL[4]. C’est lĂ  que deux IGREF, Marion Guillou ( 1996 Ă  2000) puis Catherine Geslain-LanĂ©elle ( 2000 Ă  2003) gèrent le dossier Gaucho-RĂ©gent en faisant de la rĂ©tention systĂ©matique d’information sur les Ă©tudes dĂ©favorables aux pesticides et en lançant des contre Ă©tudes pour affirmer leur innocuitĂ©.


Un Ă©narque les remplace en 2003, Thierry Klinger, qui essaie lui aussi en vain, mais par des mĂ©thodes proches de l’intimidation, d’empĂŞcher l’interdiction des pesticides. Que sont devenus ces trois personnages ? Marion Guillou dirige aujourd’hui l’INRA, Klinger est prĂ©sident du CĂ©magref (institut public de recherche agricole dont une des missions est la sĂ©curitĂ© des aliments !), siège au conseil d’administration de l’AFSSET[5] et en prime dirige l’inspection GĂ©nĂ©rale de l’Administration ( 2006) depuis un bureau chez N. Sarkozy.


Quant Ă  C. Geslain-LanĂ©elle , elle a Ă©tĂ© nommĂ©e directrice de l’EESA[6] en 2006. Comment s’étonner dès lors que l’EESA  veuille imposer Ă  l’Europe l’introduction massive des O.G.M. malgrĂ© un rejet tout aussi massif des populations ?

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L’AFSSA[7] a sorti un rapport sur les dioxines en 2000 oĂą la contamination par les PCB n’apparaĂ®t pas, un autre sur le sel en 2001 oĂą aucune mesure n’est prĂ©conisĂ©e, alors qu’utilisĂ© Ă  grande Ă©chelle par l’industrie alimentaire, il serait la cause de milliers de morts et d’accidents cardio-vasculaires. L’AFSSA dont 65% des membres  sont des scientifiques issus de l’industrie et dont les avis ont toujours Ă©tĂ© favorables aux OGM, a conclu, en janvier 2009 Ă  l’innocuitĂ© pour la santĂ© du maĂŻs OGM MON 810, sur la base d’une Ă©tude Monsanto que Michel Barnier a refusĂ© de communiquer…


L’académie des sciences dans son rapport de 94 sur les dioxines affirme qu’elles ne posent pas de problèmes de santé publique (la même année, l’EPA, agence américaine de l’environnement, dit le contraire) et refuse une réglementation trop stricte pour les incinérateurs. La majorité des membres du groupe de l’Académie travaillent ou ont travaillé pour l’industrie, dont plusieurs qui ont des intérêts dans les incinérateurs (Rhône-Poulenc, Elf, Ciments Lafarge, Lyonnaise des eaux…). Le président de l’Académie des sciences en 2000 s’est battu contre une étude sur la toxicité des phosphates des lessives or il était à la même époque Président du conseil scientifique de Rhône-Poulenc, leader lessivier. Dernière illustration de sa partialité en faveur de l’industrie, sa signature du rapport sur le cancer, entérinant la responsabilité individuelle plutôt que celle de l’état.


Les quelques scientifiques travaillant dans ces organismes qui osent avoir une opinion discordante se font retirer leurs subventions, leurs sujets de recherche et menacer de procès en diffamation.


Comme le dit le Professeur Narbonne, toxicologue et expert Ă  l’AFSSA : «  dans le domaine des pesticides, que je connais depuis 30 ans, c’est le règne de l’omerta. Les entreprises du secteur bloquent tout, tout. Â»

 

 

Quel recours avons-nous ?

La société civile, seule capable de faire bouger le mammouth étato-industriel.

 

L’Association Santé Environnement Provence a été créée par trois médecins (un chirurgien pédiatre, un cardiologue, un cancérologue). Parce que l’écotoxicologie a été rayée de la formation médicale et que la seule formation continue est en fait celle des laboratoires pharmaceutiques, par l’intermédiaire de leurs représentants, ils étaient incapables de répondre aux questions de leurs patients sur les causes de leurs maladies. Ils sont partis à la quête aux informations sur internet, ont analysé les centaines d’études internationales disponibles, les ont recoupées avec leur expérience de terrain (les jours sans mistral à Vitrolles, un brouillard de pollution fait exploser les cas d’allergies et crises d’asthmes, cancers chez les consommateurs de poisson du Rhône, malformations génitales et leucémies chez les enfants d’agriculteurs) et ont commencé à comprendre le lien entre santé et environnement. Avec le WWF, ils ont réussi à mobiliser laboratoires et médecins pour faire une étude sur des patients ayant consommé des poissons de rivières contaminées aux PCB. En trois mois, ils ont rendu leurs conclusions, obligeant Kosciusco-Morizet à interdire la consommation du poisson et à annoncer une enquête élargie - qui n’a pas encore commencé (début annoncé 2008…).


 500 Ă©tudes sur les PCB aux USA, 0 en France. La FRAPNA[8] et le WWF en demande depuis 20 ans ! Or il y a 50 000 cancer du sein par ans, les PCB multiplient les risques par 2 ou 3  chez certaines femmes, mais les boues du RhĂ´ne ne sont toujours pas curĂ©es et traitĂ©es et, d’après l’ADEME, 200 000 appareils au pyralène Ă©taient toujours en fonctionnement en 2002. Les mĂ©decins de l’A.S.E. Provence pensent que plus de 50% des cancers sont dus Ă  l’environnement. Ils donnent des confĂ©rences oĂą accourent des centaines de personnes et proposent des solutions concrètes pour assainir l’air de la maison ou celui des crèches.

  

Pour en savoir plus... Lien vers le site cliquez: ASEP


Des cinĂ©astes apportent aussi leur pierre. Jean paul Jaud, dans « Nos enfants nous accuseront Â», dresse un tableau très noir de l’agriculture chimique qui empoisonnent nos assiettes et dĂ©truit notre santĂ© et un autre très optimiste des Ă©volutions possibles.

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L’Europe aussi peut influer considĂ©rablement sur ce que sera notre avenir. La directive REACH du 18 dĂ©cembre 2006 sur l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des produits chimiques dans l’industrie, vise Ă  supprimer progressivement les substances les plus dangereuses, oblige les industriels  Ă  apporter la preuve de leur innocuitĂ©, recommande l’emploi de produits de substitution plus durables chaque fois que c’est possible et encourage l’innovation dans ce domaine.


Le 13 janvier 2009 une nouvelle législation a été adoptée, relative à la commercialisation et à l’utilisation durable des pesticides. 22 substances sur 400 devraient êtres interdites d’ici 2012, les substances cancérigènes, mutagènes et neurotoxiques les plus préoccupantes.

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Prenez vos responsabilitĂ©s !


Les mĂ©decins de l’A.S.E interpellent leurs confrères : N’attendez pas que cela vienne d’en haut, prenez vos responsabilitĂ©s Â» Des scientifiques indĂ©pendants risquent leur carrières et leur travail pour assumer leur fonction de lanceur d’alerte, des personnalitĂ©s assez fortes pour accepter d’aller en prison au nom de leur convictions, mettent en lumière les desseins de contrĂ´le alimentaire mondial de certaines multinationales avec la complicitĂ© des Ă©tats. Des cinĂ©astes montrent que la volontĂ© d’un Ă©lu de proximitĂ© peut transformer l’opinion publique et l’avenir de nos enfants.

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Comme le proclame la devise de Greenpeace, «  You can make it happen Â» : Vous pouvez ĂŞtre les acteurs du changement.

 

Marisa Labruèissa


Article paru dans la revue Occitania n° 165

Desvolopament.oc@wanadoo.fr

Reproduction non intégrale.

Avec l’aimable autorisation de son auteur.

 


[1] Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale
[2] Ingénieurs du Génie Rural et des Eaux et Forêts
[3] Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt
[4] Direction Générale de l’Alimentation
[5] Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments
[6] Autorité Européenne de Sécurité des Aliments
[7] Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments
[8] FĂ©dĂ©ration  RĂ©gionale de la Protection de la Nature